Lancement d'une étude visant à évaluer l'importance et la gravité des complications liées à l'avortement

Mercredi 22 mai 2019
Complications liées à l'avortement Mortalité maternelle Etude à méthode mixte Etude quantitative observationnelle Etude qualitative République démocratique du Congo (RDC) République centrafricaine (RCA) Nigéria
Introduction
AMoCo, une étude multicentrique en République démocratique du Congo, en République centrafricaine et au Nigeria vise à évaluer l’importance et la prise en charge des complications liées à l'avortement, y compris les décès et ceux évités de justesse.
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Corps éditorial

L'étude AmoCo évaluera l'ampleur des complications liées à l'avortement dans des hôpitaux situés en zones fragiles ou affectées par des conflits.

Une étude prévue sur 3 ans en République démocratique du Congo,  République centrafricaine et au Nigéria va commencer à recueillir des données qui aideront à élaborer des stratégies adaptées pour mieux prévenir les décès et les complications sévères liés à l'avortement.

L’étude « AMoCo » évaluera l’importance et la sévérité des complications d’avortement, et en particulier des décès et des « décès évités de justesse » (complications ayant presque entrainé la mort) consécutifs à ces avortements. Cette étude sera menée dans 3 structures de soins soutenues par Médecins Sans Frontières (MSF) situées dans des contextes africains fragiles et/ou affectés par des conflits (RDC, République Centrafricaine et Nigeria). Elle inclura une étude quantitative observationnelle sur plus de 1200 femmes ayant subi des complications d’avortement, une étude qualitative sur le vécu des femmes ayant eu une complication ayant entrainé un « décès évité de justesse », ainsi qu’une évaluation des structures de soins et de la qualité des prises en charge des complications de l’avortement.

Le contexte de l'étude

Les complications d’avortements représentent l’une des cinq principales causes de mortalité maternelle dans le monde. Néanmoins, ces complications restent la cause de mortalité maternelle la plus négligée pour laquelle peu de progrès ont été réalisés au cours de ces vingt dernières années.  97% des avortements provoqués non sécurisés ont lieu dans des pays à ressources limitées. Par ailleurs, dans les contextes fragiles ou affectés par des conflits, l’insécurité augmente la vulnérabilité des femmes qui risquent plus souvent d’être victimes de violences sexuelles et d’avoir des grossesses non désirées.

A MSF l’accès à la prise en charge médicale des avortements (soins post-avortement, contraception et soins d’avortement provoqué sécurisé) est une priorité afin de réduire la mortalité et la souffrance maternelle. Mais les projets dispensant des soins maternels, dont une grande partie se situe dans des contextes fragiles et/ou affectés par des conflits, manquent encore de visibilité sur cette activité, en particulier sur les complications d’avortement. Les données existantes dans ces contextes ne permettent pas de mesurer l’importance, le profil et la sévérité des complications, ni la qualité de leur prise en charge. Ainsi, l’étude « AMoCo1 » évaluera l’importance et la sévérité des complications d’avortement, et en particulier des décès et des « décès évités de justesse » consécutifs à ces avortements.

Epicentre et MSF mène cette étude en partenariat avec l'institute Guttmacher  et l'ONG Ipas qui sont des leaders en matière de recherche et de gestion de programme d’accès aux soins d’avortement. Enfin, ce projet de recherche mené en collaboration avec chacun des Ministères de la Santé des pays concernés, est le premier qui sera conduit sur ce sujet dans des zones fragiles et/ou affectées par des conflits.

L'étude est cofinancée par MSF et l'organisation caritative humanitaire ELRHA.

Note : AMoCo - Abortion-related Morbidity and mortality in fragile and Conflict-affected settings