Q&R - Les essais cliniques sur la Covid-19, pourquoi et comment ?

Dimanche 31 mai 2020 - Mis à jour le Vendredi 12 juin 2020
La recherche est nécessaire pour identifier les traitements et les vaccins sûrs et efficaces contre les maladies émergentes telles que la Covid-19.

La recherche est nécessaire pour identifier les traitements et les vaccins sûrs et efficaces contre les maladies émergentes telles que la Covid-19. Cependant, beaucoup d’idées erronées circulent sur la justification, les modalités et les lieux où les études sont menées.

La « référence absolue » en matière de recherche sur les nouveaux traitements et vaccins est l’essai clinique randomisé (ECR). Il existe plusieurs types d’essais, mais le principe de base reste le même : des participants volontaires sont répartis au hasard dans des groupes qui recevront un ou plusieurs traitements différents. Cette structure fondamentale permet aux chercheurs d’évaluer l’efficacité d’un traitement ou d’un vaccin, et de s’assurer qu’il n’entraine pas d’effet indésirable inattendu.

Par le passé, certaines recherches n’ont pas été menées de manière éthique, y compris par des médecins nazis dans les camps de concentration ou par des chercheurs américains refusant sciemment un traitement de la syphilis à des groupes d’hommes afro-américains. Le fait que l’opinion publique reconnaisse le caractère non éthique et moralement inacceptable de ces pratiques a entrainé la mise en place de diverses mesures de protection.

  • La Déclaration d’Helsinki a notamment établi les principes de base nécessaires à la conduite éthique d’études cliniques impliquant des êtres humains.
  • Des normes de référence pour la conduite des essais cliniques sont décrites dans les lignes directrices de l’International Conference on Harmonisation (ICH) : Good Clinical Practice 
  • Les protocoles d’essais cliniques sont examinés par un ou plusieurs comités d’éthique dont les membres sont chargés de protéger le bien-être des participants.

Un des points les plus cruciaux de la recherche clinique est que les participants doivent donner leur consentement éclairé pour prendre part aux études. Il s’agit là d’un processus formel qui implique des entretiens avec l’équipe de recherche, et la lecture de documents écrits qui expliquent clairement les risques et bénéfices potentiels de la participation à l’étude. Il convient aussi d’indiquer que le refus de participer n’entraine aucune pénalité et qu’un sujet peut, à tout moment, se retirer de l’expérimentation sans avoir à donner d’explication. Ce processus de consentement éclairé et tous les documents écrits sont examinés avec soin par le ou les comités d’éthique avant qu’un essai ne soit autorisé à commencer.
 
Des précautions particulières sont de mise quand la recherche implique des groupes de populations vulnérables comme les enfants, les femmes enceintes, les détenus et les personnes à risque, ou étant perçues comme à risque, d’exploitation indue. 

Epicentre réalise des essais cliniques en Afrique depuis plus de 15 ans, et l’organisation estime qu’il est essentiel de continuer à le faire en répondant  aux mêmes normes scientifiques et éthiques que celles des pays à ressources plus élevées. 
 
Pour toute maladie, il est important de tester les traitements ou vaccins potentiels dans les populations qui en bénéficieront. 

Les participants aux essais cliniques de vaccins contre le virus Ebola doivent appartenir aux populations à risque de contracter la maladie dont il est à l’origine. Les médicaments antipaludiques doivent être testés auprès de populations pour lesquelles le paludisme est un problème majeur. La pandémie de Covid-19 se répand en Afrique. Si des leçons peuvent être tirées des essais dans d’autres contextes, il sera important de veiller à ce que des recherches sur les traitements et les vaccins contre la Covid-19 rigoureuses sur les plans scientifique et éthique soient également menées en Afrique. 

Que fait Epicentre ?

Epicentre a mené des recherches dans divers contextes épidémiques et situations d’urgence, y compris sur des vaccins contre le virus Ebola (Guinée, RDC, Ouganda), des traitements de la maladie à virus Ebola (RDC), des vaccins contre les rotavirus (Niger), des vaccins anticholériques (Guinée et autres), des traitements de la méningite à méningocoques (Niger, Mali) et sur la nutrition (Niger et Nigeria).
 
Epicentre cherche à prendre part, voire à financer des essais cliniques quand le laboratoire pharmaceutique n’est pas le commanditaire.

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