Plus de 30 ans de recherche scientifique en Ouganda
Les années 1990 : combattre la maladie du sommeil
L'histoire du centre de Mbarara débute au milieu des années 1990, lorsque les équipes d'Epicentre s'engagent aux côtés de MSF dans la lutte contre la trypanosomiase humaine africaine, plus connue sous le nom de maladie du sommeil.
Implanté de manière permanente en Ouganda en 1995, Epicentre contribue à plusieurs études visant à améliorer le diagnostic et la prise en charge de cette maladie tropicale négligée. Ces travaux participent à l'effort scientifique international qui conduira au développement de traitements plus simples, plus sûrs et mieux adaptés aux contextes à ressources limitées. Ils contribueront notamment à l'adoption de la combinaison nifurtimox-éflornithine (NECT), aujourd'hui recommandée pour le traitement de la maladie du sommeil à Trypanosoma brucei gambiense.
Les années 2000 : faire progresser la prise en charge du paludisme
À partir des années 2000, le centre de Mbarara devient un acteur majeur de la recherche sur le paludisme.
En 2006-2007, Epicentre parraine un essai clinique comparant l'artéméther-luméfantrine (Coartem®) à la quinine pour le traitement du paludisme non compliqué chez les femmes enceintes. Cette étude contribue à renforcer les connaissances sur l'utilisation des combinaisons thérapeutiques à base d'artémisinine pendant la grossesse.
Le centre participe également à l'essai multicentrique AQUAMAT, l'une des études les plus importantes jamais menées sur le paludisme grave chez l'enfant en Afrique. Réalisé dans neuf pays africains, cet essai démontre que l'artésunate injectable réduit significativement la mortalité par rapport à la quinine. Ses résultats conduisent à une évolution des recommandations de l'Organisation mondiale de la Santé et font de l'artésunate le traitement de référence du paludisme grave.
Les années 2010 : la tuberculose au cœur des recherches
Face à l'importance croissante de la tuberculose en Afrique de l'Est, le centre de Mbarara développe de nouvelles capacités de recherche clinique et de laboratoire.
En 2007, Epicentre inaugure un laboratoire de niveau de biosécurité 3 (BSL-3), devenu un outil essentiel pour la recherche sur la tuberculose. Cette infrastructure permet de réaliser des cultures de Mycobacterium tuberculosis, d'évaluer de nouveaux outils diagnostiques et de participer à des essais thérapeutiques internationaux.
Les équipes contribuent notamment à plusieurs études qui feront progresser les stratégies diagnostiques et thérapeutique. Parmi elles, des travaux démontrent qu'un seul examen microscopique positif est suffisant pour diagnostiquer une tuberculose pulmonaire, contribuant à l'évolution des recommandations internationales.
Le centre participe également à plusieurs essais internationaux visant à raccourcir la durée du traitement de la tuberculose sensible aux médicaments. Ces recherches répondent à un défi majeur : proposer des traitements plus simples et plus faciles à suivre, tout en conservant leur efficacité.
Une plateforme reconnue pour la recherche vaccinale
Grâce à son expertise en essais cliniques et à ses infrastructures conformes aux standards internationaux, le centre de Mbarara s'impose progressivement comme une plateforme de référence pour l'évaluation de nouveaux vaccins.
Au fil des années, les équipes participent à des essais portant sur les vaccins contre Ebola et la fièvre jaune. Le centre contribue notamment à démontrer qu'une dose fractionnée du vaccin contre la fièvre jaune assure une protection durable chez les adultes, les enfants et les personnes vivant avec le VIH. Ces résultats ont joué un rôle important dans l'élargissement des recommandations de l'OMS concernant l'utilisation des doses fractionnées lors des campagnes de vaccination.
Aujourd'hui : répondre aux nouveaux défis de santé
Tout en poursuivant ses recherches sur les maladies infectieuses, le centre de Mbarara élargit désormais son champ d'action à de nouvelles problématiques de santé, notamment la drépanocytose, les cancers pédiatriques et d'autres maladies chroniques émergentes.
Le centre renforce également ses capacités en épidémiologie, en recherche opérationnelle et en sciences sociales afin de mieux comprendre les comportements de santé, les obstacles à l'accès aux soins et l'acceptabilité des interventions médicales. Ces approches permettent de concevoir des stratégies adaptées aux réalités des populations et aux contraintes des systèmes de santé.
L'engagement communautaire, pilier fondamental, est intégré dès le début et se poursuit à chaque étape du processus de recherche. En travaillant en étroite collaboration avec les patients, les communautés et les acteurs locaux, le Centre promeut une recherche participative, renforce la confiance et favorise une participation éclairée et volontaire à la recherche.
Trente ans après son implantation en Ouganda, le centre de Mbarara continue de produire les données probantes qui contribuent à améliorer les stratégies de prévention, de diagnostic et de traitement, au bénéfice des populations les plus vulnérables.
Grandes étapes
1996
Implantation permanente d'Epicentre à Mbarara pour soutenir les programmes de lutte contre la maladie du sommeil.
1997
Participation à l'évaluation de nouveaux vaccins contre le choléra en Ouganda.
1999
Première étude randomisée à Mbarara démontrant l'efficacité et la bonne tolérance de l'association artésunate-sulfadoxine-pyriméthamine dans le traitement du paludisme.
2001
Évaluation de nouveaux tests diagnostiques rapides pour le paludisme.
2003-2008
Participation aux travaux démontrant l'efficacité et la meilleure tolérance de la combinaison nifurtimox-éflornithine (NECT) pour le traitement de la maladie du sommeil, conduisant à son inscription sur la Liste modèle des médicaments essentiels de l'OMS en 2009.
2006-2007
Essai clinique comparant l'artéméther-luméfantrine à la quinine pour le traitement du paludisme non compliqué chez les femmes enceintes.
2007
Démonstration qu'un seul examen microscopique positif est suffisant pour diagnostiquer une tuberculose pulmonaire, contribuant à l'évolution des recommandations de l'OMS.
2007
Création d'un laboratoire de biosécurité de niveau 3 (BSL-3) dédié à la recherche sur la tuberculose.
2007-2010
AQUAMAT : Démonstration de la supériorité de l'artésunate injectable sur la quinine pour la prise en charge du paludisme grave chez l'enfant
2012-2022
Participation aux essais RIFATOX, RIFAVIRENZ et RIFASHORT évaluant des schémas thérapeutiques raccourcis pour la tuberculose sensible aux médicaments.
2018-2023
Participation aux études TB-Speed, STATIS et CONTACT qui ont contribué à améliorer le diagnostic, la prévention et la prise en charge de la tuberculose chez les enfants et les personnes vivant avec le VIH.
2019
Site d’étude pour l’évaluation d'une formulation pédiatrique innovante « 4-en-1 » pour le traitement du VIH chez l'enfant.
2019-2022
Participation à l’essai Zebovac qui évalue le schéma vaccinal reposant sur une approche « prime-boost » avec Ad26.ZEBOV est administré en première dose, puis MVA-BN-Filo 56 jours plus tard, contre Ebola
2018-2023
Participation à l'essai clinique de la DNDi, financé par l'EDCTP, visant à évaluer l'efficacité et la sécurité d'emploi du fexinidazole chez des patients atteints de Trypanosoma brucei rhodesiense (r-THA).
2021
Démonstration de l'efficacité des doses fractionnées du vaccin contre la fièvre jaune chez les adultes, les enfants et les personnes vivant avec le VIH.
2022
Obtention de l'accréditation GCLP (Good Clinical Laboratory Practice) pour le laboratoire du centre de recherche de Mbarara.
2023-2025
Tb-Algo-PED : évaluation de l'efficacité et de l'acceptabilité de deux algorithmes d'aide à la décision thérapeutique pour la tuberculose chez l'enfant
2023-2025
deTACT : feuille de route pour le déploiement d'une trithérapie à dose fixe associant artéméther, luméfantrine et amodiaquine dans le traitement du paludisme
2025
Lancement d’une étude pour développer un algorithme décisionnel pour améliorer la détection des cancers pédiatriques et permettre un traitement plus précoce
2026
Lancement de l’étude mixte évaluant la faisabilité d’une décentralisation des soins pour les patients atteints de drépanocytose à Kasese en Ouganda