Insulin Plus : impact des outils modernes sur la prise en charge du diabète dans les contextes humanitaires - évaluation des expériences des patients et des soignants au Bangladesh
Type d'étude
Etude qualitative
Contexte
Le fardeau mondial du diabète continue de s’alourdir, avec une progression particulièrement rapide dans les pays à revenu faible et intermédiaire (1). Le diabète de type 1 requiert des injections quotidiennes d’insuline pour assurer la survie des patients. Par ailleurs, d’ici 2030, plus de 510 millions de personnes vivant avec un diabète de type 2, soit environ 15 % des personnes concernées dans le monde, devraient avoir besoin d’un traitement par insuline pour maintenir un contrôle glycémique adéquat (2).
L’accès à l’insuline et sa bonne utilisation représentent déjà un défi dans de nombreux systèmes de santé disposant pourtant de ressources importantes. Ces difficultés sont encore plus marquées dans les pays à faibles ressources et dans les contextes de crise humanitaire, où la disponibilité, l’accessibilité et le coût de l’insuline, ainsi que des dispositifs nécessaires à son administration, restent souvent limités.
À ces obstacles s’ajoutent des contraintes logistiques importantes liées à la surveillance glycémique et à l’administration du traitement. Patients et soignants doivent fréquemment gérer le diabète dans des environnements où l’accès à l’électricité, à l’éclairage, à l’eau potable et aux infrastructures d’assainissement est insuffisant, compliquant davantage la prise en charge de la maladie.
Ces dernières années, Médecins sans Frontières (MSF) et d’autres organisations non gouvernementales (ONG) médicales humanitaires se sont de plus en plus impliquées dans la prise en charge du diabète de type 1 et de type 2 dans des contextes d’urgence. Dans ces contextes, principalement dans les pays à revenus faibles et intermédiaires (PRFI), on a tendance à recourir à des approches plus anciennes et moins coûteuses pour l’administration de l’insuline et la surveillance de la glycémie. Trois aspects de la mise en œuvre varient généralement entre les contextes aux ressources limitées et les contextes à revenus élevés :
1) La formulation de l'insuline (humaine ou analogue) ;
2) Le dispositif d'administration utilisé pour injecter l'insuline [aiguille et seringue ou stylo à insuline (jetable ou réutilisable avec cartouche)] ; et
3) Le dispositif de surveillance utilisé pour évaluer la glycémie et ajuster la posologie d'insuline (mesure invasive intermittente ou mesure continue par capteur).
L'administration de l'insuline représente un défi dans tous les contextes, et ces défis sont aggravés par les difficultés spécifiques rencontrées dans les situations humanitaires, mentionnées plus haut. Pour y faire face, les acteurs humanitaires, tels que Médecins Sans Frontières (MSF), ont mis en œuvre plusieurs approches plus modernes d’administration de l’insuline, notamment l’utilisation d’insulines analogues, de stylos à insuline et de systèmes de surveillance non invasifs de la glycémie. Ces approches ne sont actuellement pas recommandées par les directives de l’OMS, car les données quantitatives disponibles, bien que limitées, sont peu concluantes quant à leurs avantages supplémentaires par rapport aux méthodes traditionnelles d’administration et de surveillance de l’insuline, compte tenu notamment de l’écart de coût important. Cependant, il existe un manque de données publiées sur les expériences de prise en charge du diabète à l’aide d’outils et de traitements insuliniques plus récents, dans des contextes humanitaires de pays à revenu faible ou intermédiaire, qui pourraient guider la prise de décision. La collecte de ces données pourrait contribuer à améliorer les soins actuellement dispensés dans les programmes concernés de MSF, et la documentation des enseignements tirés pourrait éclairer la généralisation de ces approches dans d’autres contextes et, potentiellement, influencer les futures révisions de la liste des médicaments essentiels (EML) de l’OMS et des recommandations de l’OMS sur les maladies non transmissibles (MNT).
L'objectif général de cette étude est de rendre compte des expériences des professionnels de santé et des patients concernant la mise en place d'outils spécifiques liés à l'insuline : insuline analogue, stylos à insuline et appareils de surveillance de la glycémie, dans les structures du Centre opérationnel de Paris (OCP) de MSF au Bangladesh, et d'identifier les éventuelles difficultés rencontrées lors de l'utilisation de ces outils.
1-Whiting DR, Guariguata L, Weil C, Shaw J. IDF diabetes atlas: global estimates of the prevalence of diabetes for 2011 and 2030. Diabetes Res Clin Pract. 2011;94(3):311-321. doi:10.1016/j.diabres.2011.10.029
2- Basu S, Yudkin JS, Kehlenbrink S, et al. Estimation of global insulin use for type 2 diabetes, 2018-30: a microsimulation analysis. lancet Diabetes Endocrinol. 2019;7(1):25-33. doi:10.1016/S2213-8587(18)30303-6
Notre rôle
- Coordination
Partenaires
- MSF
- Ministère de la santé
- Faculty of Preventive and Social Medicine, Bangladesh Medical University
- Center for Global Health Research at the Diabetic Association of Bangladesh (BADAS)
Objectifs spécifiques
1.Décrire l’expérience liée à l’utilisation d’approche spécifique d’administration et de surveillance de l’insuline du point de vue des patients et des soignants, en termes a) de satisfaction vis-à-vis du traitement et b) de qualité de vie liée à la santé.
2.Décrire l’expérience liée à l’utilisation de cette approche spécifique d’administration et de surveillance de l’insuline du point de vue des prestataires de soins, en termes de facilité d’utilisation, d’acceptabilité et d’intégration dans le flux de travail habituel.
3.Évaluer l’acceptabilité, la faisabilité et la pratique de l’autosurveillance de la glycémie (ASG) chez les patients, les soignants et les professionnels de santé, en abordant les connaissances et les obstacles à l’auto-injection d’insuline et à la surveillance de la glycémie.