Fièvre jaune

Mardi 18 décembre 2018 - Mis à jour le Jeudi 11 avril 2019
Identifier la meilleure stratégie pour maîtriser les épidémies
Campagne de vaccination contre la fièvre jaune au RDC
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Campagne de vaccination contre la fièvre jaune au RDC

La fièvre jaune est une maladie virale aiguë transmise par les moustiques des espèces Aedes et Haemogogus. On estime que la maladie tue jusqu'à 60 000 personnes par an. Elle présente en outre un risque pour les millions de personnes qui vivent et voyagent dans les 44 pays endémiques d'Afrique et d'Amérique centrale et du Sud.

Dans les forêts tropicales humides, la fièvre jaune est une maladie qui affecte les primates ; c’est lorsqu'ils sont piqués par un moustique infecté que les humains travaillant ou voyageant dans ces forêts sont infectés. Cependant, ces moustiques sont également bien adaptés aux environnements domestiques de l’homme, facilitant la transmission entre les personnes infectées et non infectées dans les villages comme dans les grandes zones urbaines. Ainsi, des cas sporadiques peuvent conduire à de grandes épidémies lorsque des personnes infectées se déplacent vers des zones densément peuplées où un pourcentage élevé de la population ne sont pas immunisés. 

Des symptômes non spécifiques tels que fièvre, douleurs musculaires, maux de tête, nausées ou vomissements apparaissent trois à six jours après avoir été piqué par un moustique infecté. Les symptômes peuvent être très modérés et l'infection peut alors passer inaperçue. La plupart des gens se rétablissent au bout de 3 à 6 jours, mais environ 15 % des personnes infectées entrent dans une phase toxique et présentent un syndrome de défaillance multiviscérale affectant le foie, les reins et le système cardiovasculaire.

Vaccins : très efficaces mais pénurie de stocks

Famille vaccinée lors de la campagne de vaccination contre la fièvre jaune de Médecins sans frontières (MSF) à Kinshasa, RDC, 2016
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Famille vaccinée lors de la campagne de vaccination contre la fièvre jaune de Médecins sans frontières (MSF) à Kinshasa, RDC, 2016

Il n'existe pas de traitement antiviral efficace contre la fièvre jaune. Cependant, il existe des vaccins très efficaces qui offrent une protection à long terme. Malheureusement, le stock de vaccins est insuffisant pour répondre aux grandes épidémies.  En 2016, cette question est passée au premier plan lors des grandes épidémies qui ont frappé plusieurs régions d'Afrique. C'est pourquoi Epicentre a entrepris des études cliniques sur l'immunogénicité et l'innocuité d'une dose du vaccin fractionnée à 1/5ème qui permettrait d'étirer les stocks limités et de protéger un plus grand nombre de personnes en cas d'épidémie.

Dose fractionnée contre la fièvre jaune

Etirement de l'approvisionnement en vaccins

En 2016, confrontée à de grandes épidémies urbaines dans plusieurs régions d'Afrique  et à une pénurie de vaccins, l'Organisation mondial de la Santé (OMS) a formulé des recommandations concernant l'utilisation de doses fractionnées de vaccins contre la fièvre jaune sur la base des données disponibles en Amérique du Sud. A Kinshasa, en République démocratique du Congo, plus de 7 millions de personnes ont reçu cette dose fractionnée au 1/5ème.

Toutefois, des informations supplémentaires sont nécessaires pour pouvoir utiliser des doses fractionnées avec l’ensemble des vaccins contre la fièvre jaune pré-qualifiés par l'OMS. En particulier, il est important de recueillir en Afrique des données sur la persistance des anticorps neutralisants et la performance de la dose fractionnée chez les jeunes enfants et les populations, y compris celles qui sont séropositives. L'essai dirigé par Epicentre a été conçu en collaboration avec l'OMS à cet effet. L’objectif consiste à confirmer que la protection conférée par les doses fractionnées un mois après la vaccination n'est pas inférieure à celle qu’apporte la dose standard. Les différences dans les réactions à la vaccination et la protection à 10 jours et 1 an après la vaccination entre le groupe recevant la dose fractionnée et celui qui reçoit la dose standard seront étudiées. La première phase de l'étude comprend 980 adultes et 4 vaccins contre la fièvre jaune. Les premiers résultats sont attendus d'ici fin 2018. Si ceux-ci confirment la protection et la sécurité de la population adulte, l'étude inclura également des enfants ainsi que des adultes séropositifs au VIH. 

Modification des recommandations

Sur la base des résultats obtenus, l'OMS devrait être en mesure de formuler des recommandations définitives sur l'utilisation de doses fractionnées de vaccins contre la fièvre jaune pour répondre aux besoins des campagnes conduites à grande échelle. Il s'agirait d'une étape importante pour Médecins Sans Frontières (MSF) et pour les autres ONG travaillant aux côtés des Ministères de la Santé afin de protéger davantage de personnes et arrêter la propagation de la maladie grâce à un meilleur usage des vaccins disponibles. 

L'essai clinique est en cours au centre de recherche Epicentre en Ouganda ainsi qu'au Medical Research Institute-Wellcome Trust Research Programme de Kilifi, au Kenya.

Dernière nouvelle

Doses fractionnées vaccin fièvre jaune

Début du recrutement pour la phase suivante de l'étude

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10.02.2019

Fiche d'information essai clinique fièvre jaune (EN)

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